Les experts foodtech #2 : Françoise GORCA (ANIA)

✍🏻Propos recueillis par Claire CAMINATI-FARBER, Responsable Communication FuturaGrow & Startup Palace

Après une interview de Matthieu Vincent, fondateur de Digital FoodLab, on laisse aujourd’hui la parole sur le blog à Françoise Gorca, Directrice recherche et Innovation à l’ANIA.

‍👩🏻‍💻 Hello Françoise ! Merci d’avoir accepté ma proposition d’interview. On a eu l’occasion d’associer nos différentes marques (Startup Palace, FuturaGrow et ANIA) dans le cadre d’un webinar que vous aviez organisé autour de l’externalisation de la R&D plutôt tôt dans l’année. On se retrouve aujourd’hui sur le blog de FuturaGrow pour parler de : toi, de l’ANIA, de tes missions au quotidien et des grandes tendances de la foodtech que vous avez pu identifier. Alors, Françoise, qui es-tu ?

J’ai 41 ans, je suis maman de 2 enfants. J’ai une formation d’ingénieure agroalimentaire spécialisée dans les questions de sécurité des aliments et j’ai l’honneur de diriger le service Innovation de l’Association Nationale des Industries Alimentaires.

👩🏻‍💻 Tu peux nous en dire plus sur l’ANIA et vos activités ?

L’ANIA est le syndicat professionnel des industries alimentaires en France. Parmi ses missions, on compte la défense du secteur dans son ensemble (ses intérêts et son image) mais aussi l’accompagnement des entreprises dans leurs démarches de croissance et de transition.

C’est stratégique dans la mesure où le secteur agroalimentaire est la première industrie de France : une vraie pépite pour le pays, présente dans le quotidien des français. Ce sont quelques 16000 entreprises dont près de 98% de PME qui méritent d’être accompagnées et soutenues. c’est le rôle de l’ANIA.

👩🏻‍💻 C’est quoi précisément ton rôle à l’ANIA ?

Le service que je dirige travaille à accompagner et faciliter la vie des entreprises qui ont des projets d’innovation. L’innovation est un des grands leviers de compétitivité du secteur mais, bien que l’innovation et la manière de la mener soient très liées à l’ADN de l’entreprise, il est important d’accompagner les professionnels dans leurs démarches : suivi des attentes des consommateurs, veille sur les résultats de recherche pertinents pour le secteur, identification des partenaires techniques et scientifiques en France et en Europe, connaissance des dispositifs de soutien… Mon rôle est là. Faire savoir, créer du lien et de la connaissance facilement accessibles, notamment aux PME qui ont la tête dans le guidon et manquent de ce temps nécessaire à la construction de leur projet d’innovation.

👩🏻‍💻 Tu faisais quoi d’ailleurs avant de rejoindre l’ANIA ?

L’ANIA est l’unique structure que j’ai connue au cours de ma vie professionnelle. J’y ai même effectué mon stage de fin d’études. J’ai changé de poste. Je m’occupais de réglementation au début de mon parcours, puis de promotion à l’export et de gestion de crise. Mais en arrivant à l’ANIA j’ai eu un déclic : le service aux entreprises, la défense de ce secteur et de ces entrepreneurs passionnés par leur métier et si souvent décriés, ça m’a tout de suite parlé.

👩🏻‍💻 Quels sont vos prochains gros évènements à l’ANIA ?

L’année est rythmée par des moments forts. Si je ne devais en retenir que quelques-uns, ce serait ceux liés à la communication avec le grand public. Le 24 octobre dernier, nous avons tenu ecotrophelia europe, un concours de l’innovation alimentaire porté par l’ANIA et qui a fait des émules partout en Europe. On demande à des équipes d’étudiants de développer un produit alimentaire innovant de A à Z. En pensant à la formulation, aux approvisionnements, au marché, au procédé de fabrication, aux coûts, aux circuits de distribution et au prix de vente… Nous avons dû tenir le concours en ligne mais au moins le replay est accessible. Je vous invite à la revoir. Le produit français s’appelait butternot : il s’agit d’une pâte à tartiner très aboutie à base de courge butternut, utilisable en pâtisserie pour remplacer le beurre en tant pour tant. Résultat très convaincant. C’est un projet très important pour l’ANIA car il coche les cases de la jeunesse, de l’innovation et de l’attractivité du secteur. Les étudiants sont au commandes et on voit qu’ils dépeignent l’alimentation telle qu’ils la rêvent! À venir très vite aussi il y a Découvrez ce que vous mangez, les portes ouvertes du secteur agroalimentaire. Les consommateurs sont invités à visiter les usines agroalimentaires de leurs régions ! Il y a également de nombreux webinaires gratuits et ouverts à tous sur les questions d’innovation et de futur du secteur (car c’est bien de cela dont il s’agit). Le programme est mis à jour en ligne dans l’agenda de l’ANIA.

👩🏻‍💻 Quelles sont selon toi les belles réussites françaises de la foodtech de ces 5 dernières années ?

Plutôt que les belles réussites individuelles de la foodtech en France (et il y en a), c’est plutôt ce que ça dit du futur du secteur qui m’intéresse. Je suis convaincue que la compétitivité du secteur agroalimentaire à l’avenir est très liée au dynamisme de son écosystème startups. De mes rencontres avec les patrons et les patronnes des startups foodtech j’ai retenu un sentiment : celui que leur envie initiale était de “changer le monde de l’agroalimentaire”. Ils y projettent leurs envies et leurs visions. Ils comprennent les besoins de la société, les anticipent et les créent parfois. Le delivery est très présent même s’il impacte moins les IAA, il y a les applis qui accompagnent les consommateurs dans leur choix et alors se pose la question des données (exactitude, pertinence des données), les startups industrielles qui me passionnent notamment quand elles visent la mise sur le marché de nouveaux produits à base de nouveaux ingrédients. Ces dernières rencontrent souvent des difficultés dans la phase d’industrialisation et j’aimerais à titre personnel qu’elles soient mieux accompagnées. Ces startups montrent la voie et proposent des solutions. c’est précieux!

👩🏻‍💻 Et au niveau international ?

Je trouve l’offre française très pertinente avec l’offre mondiale. Ce qui pose plus de questions c’est la vitesse à laquelle les startups de certains pays croissent. Le système d’accompagnement semble plus efficace ailleurs même si ça reste à prouver sur le long terme. Ce doit être une source de questionnement (et je sais que ça l’est) et d’action des pouvoirs publics mais aussi des associations comme l’ANIA.

👩🏻‍💻 Est-ce qu’il y a de grosses tendances du secteur qui se démarquent ?

En France en tous cas, l’innovation marche sur deux jambes. Deux enjeux : 1/ nourrir la planète et 2/ l’alimentation comme arme pour préserver la santé. Cela pose évidemment la question des sources de protéines. L’offre française est variée et va s’étoffer vraisemblablement. Et pour être au niveau de l’image des produits français dans le monde du travail doit être mené pour les rendre gustativement attractifs. Sur l’aspect alimentation/santé, un de nos plus gros atouts est la maitrise de la fermentation par les entreprises. Ainsi la question des ferments et du microbiote est centrale.

👩🏻‍💻 Et enfin, pensons à demain : quelles sont les grandes tendances food de ces prochaines années d’après toi ? Matthieu Vincent évoquait les nouvelles protéines, ou encore la food automation avec notamment les fermes urbaines robotisées…tu en penses quoi toi ?

Je rejoins Matthieu Vincent sur son analyse. Ce qu’il faut essayer d’imaginer, c’est un monde (qui n’existera peut-être jamais) mais vers lequel on va sûrement tendre) dans lequel on sera capable de donner le bon produit, à la bonne personne, au bon moment, au bon endroit. Et ce monde devra en plus être durable. Toutes les solutions qui pourraient nous amener vers ça ont, à mon avis, de l’avenir.

👩🏻‍💻 A contrario, quelle est la tendance dont on parle depuis des années mais qui pourtant peine à faire son chemin ?

Celle-ci est difficile et je préfère jouer mon joker, si j’en avais un :)

*Merci Françoise !*

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FuturaGrow, l’accélérateur de lafoodtech lancé en partenariat avec Sodebo et Brioches Fonteneau.

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