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Les experts foodtech #3 : Thomas Papadopoulos (Possible Future)

✍🏻 Propos recueillis par Claire CAMINATI-FARBER, Responsable Communication de FuturaGrow & Startup Palace

On revient aujourd’hui sur le blog avec une nouvelle interview d’un expert de l’innovation et de la foodtech. RDV avec Thomas Papadopoulos, fondateur de Possible Future.

Possible Future c’est une agence d’innovation certifiée B Corp, qui a la particularité de faire travailler ensemble des métiers très différents, issus des mondes du design, de l’ingénierie, du planning stratégique et du business, afin de créer des nouveaux produits, services ou business pour des clients d’industries variées, en France et dans le monde.

Nous constituons des équipes projets pluridisciplinaires de 3 ou 4 personnes, qui vont être entièrement dédiées au sujet pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, et vont véritablement fonctionner comme l’équipe fondatrice d’une startup (avec énormément d’autonomie, d’agilité et de rapidité) pour aller déployer une méthodologie en 3 étapes : la phase d’immersion, où l’on va à la rencontre des utilisateurs, du marché, où l’on va benchmarker des innovations dans d’autres industries, où l’on explore les avancées de la science, de la technologie ou encore de la réglementation, dans le but d’identifier des opportunités d’innovation ; la phase d’idéation ensuite, où l’on va imaginer et pré-tester des solutions pour capturer ces opportunités ; et enfin la phase de lancement simulé, où l’on va chercher très rapidement à prototyper ces solutions afin de les exposer aux utilisateurs finaux, dans les conditions les plus réelles possibles.

À toutes les entités qui souhaitent innover rapidement et avec ambition ! Nous travaillons avec une majorité de grands groupes, mais également des startups, des PMEs, et quelques associations. Nous aimerions davantage intervenir auprès des pouvoirs publics, qui sont souvent au coeur des grands changements de nos sociétés.

Oui ! L’activité dite “food & beverage” représente d’ailleurs plus de 40% de notre chiffre d’affaires, c’est donc clairement l’un des piliers de notre action. D’ailleurs, même si nous n’avons pas de “verticales” sectorielles très établies au sein de nos équipes, nous avons de nombreux passionnés de ces sujets qui y dédient une grande partie de leur énergie et de leur temps, et qui oeuvrent à créer les produits de demain aux côtés des grands de l’industrie agroalimentaire, mais aussi à transformer ces géants en les accompagnant vers des pratiques vertueuses et respectueuse de l’environnement et des humains.

Haha ! Il va être difficile de choisir sans faire des jaloux donc pêle-mêle et sans ordre de préférence, je dirais l’ouverture de l’École de la Nouvelle Alimentation (un CFA pour former des apprentis aux métiers de bouche) avec Système U ; la création de la gamme des légumes en conversion avec d’aucy, qui met en lumière la façons dont l’innovation produit peut entraîner et soutenir l’ensemble de la filière agricole ; et un dernier : le développement d’une machine de yaourt en vrac en retail pour Danone destinée à limiter l’utilisation d’ emballages à usage unique.

Il y a celles que tout le monde a déjà en tête : côté produit, le sujet des alternatives végétales et des simili-protéines, la transparence nutritionnelle et sur l’origine des ingrédients ; côté distribution, les problématiques de single-use et le développement des modèles de vrac, de consigne ; côté champs, le sujet de la relocalisation, de l’accompagnement à la transition bio, mais également des sujets humains autour de la réinvention du métier d’agriculteur.

Ce qui est intéressant, c’est que les grandes tendances foodtech sont au cœur de grandes tendances sociétales et nourrissent à leur tour des changements culturels profonds de nos sociétés. Par exemple, l’enjeu autour des simili-protéines est nourri par la montée des régimes dits “flexitariens”, avec un comportement qui trouve son origine dans une inquiétude environnementale. Sauf qu’au delà d’une réflexion sur les produits de substitution, la réduction de la consommation de protéines animales entraîne en fait un besoin culturel de réinventer nos repas et notre manière de les consommer, pas en remplaçant un steak par un steak de soja, mais en repensant à terme ce qui compose même notre assiette.

L’autre grosse tendance de fond est le changement de notre rapport à la santé et au bien-être, qui s’incarne à la fois dans les difficultés de l’industrie pharmaceutique et la montée en puissance des compléments alimentaires, mais également dans la conception de notre alimentation comme partie intégrante de notre bien-être. On attend de plus en plus de notre nourriture qu’elle nous fasse du bien physiquement et mentalement, d’où l’émergence des adaptogènes dans la food.

  • J’aime beaucoup Poulehouse, pour son modèle en faveur du bien-être animal qui accorde une retraite aux poules pondeuses traditionnellement condamnées à l’abattoir. Ça me rappelle notre projet sur d’aucy, et ça renforce l’idée d’un écosystème au centre duquel on trouve l’acte d’achat, qui peut être un vote donné pour un monde meilleur
  • Jow, qui repense le modèle de courses en ligne avec une approche centrée recette et non ingrédient

👩🏻‍💻 Et au niveau international ?

  • Hive supermarket, un supermarché permettant de choisir des produits selon ses valeurs éthiques,
  • Pas un produit ou une marque en particulier, mais le concept du hard seltzer si on considère l’innovation technique derrière qui permet d’aller vendre au supermarché une boisson qui se rapproche d’un produit distillé mais qui est en fait issu d’une fermentation
  • Amass, qui vend à la fois du non alcoolique, des spirits, et de l’huile d’olive et dans les mêmes types de packaging des produits de beauté type lotion, hand sanitizer. La frontière entre beauté et alimentation se floute, et là c’est très assumé à travers différentes catégories de produits : social rituals / sefl-care rituals.
  • Pour aller plus loin, solar Foods, qui repense notre rapport à l’alimentation en développant une protéine issue de la transformation par des organismes microbiens. A ce stade, c’est une prouesse technologique, qui peut inspirer la viande ou le lait in vitro, mais c’est encore peu envisageable en tant que système alimentaire

C’est clairement l’un des enjeux majeurs du futur de l’alimentation. La diminution de notre consommation de la protéine animale est nécessaire, c’est un enjeu écologique majeur et un enjeu de société. Mais comme je le disais à l’instant, au-delà d’inventer des substituts, qui tentent de reproduire l’expérience de la protéine animale, et le font souvent au prix de nombreuses transformations sur l’ingrédient de base, il s’agit plutôt de considérer ces nouvelles protéines pas uniquement comme un aliment, mais comme une opportunité de créer une expérience de dégustation nouvelle. Tout est à faire pour proposer des recettes et des produits créant de nouveaux rituels, de nouveaux usages.

Il y a une vraie difficulté autour des sujets liés à la “fonctionnalité” dans l’alimentation, qui vient je pense du fait que le mot fonctionnalité demeure, alors que la réalité consommateur qu’il recoupe à elle largement évolué. On oppose encore, comme c’était le cas il y a des années de cela, au début des aliments fonctionnels, les notions de plaisir et de sain. Mais il est aujourd’hui impossible de traiter le sujet de la fonctionnalité sans prendre en compte l’expérience et le plaisir de dégustation qui y est associé.

Je dirais Incredible Food qui propose une solution au packaging comestible à travers des couches protectrices en algue, et dont j’espère qu’on aura l’occasion de collaborer car les applications pourraient être nombreuses et impactantes pour toute l’industrie agroalimentaire.

Merci Thomas !

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FuturaGrow, l’accélérateur de lafoodtech lancé en partenariat avec Sodebo et Brioches Fonteneau.

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